Adélaïde rentrait chez elle lorsqu’elle a été agressée sexuellement dans le métro. Pour le tenir à distance, elle a filmé l’homme qui lui avait touché les fesses.

On le sait, la rue et les transports publics ne sont pas toujours un endroit sûr pour les femmes, et Adélaïde en a fait l’expérience. Cette Parisienne revenait de Marseille lundi 30 octobre lorsqu’elle a été agressée dans les couloirs du métro, à Gare de Lyon.

Un homme, en passant près d’elle, lui touche les fesses. «J’avais dormi dans le train, je venais de me réveiller, donc j’ai cru que j’avais halluciné», nous explique Adélaïde, contactée par téléphone.

Mais le jeune homme se retourne et lui fait un clin d’oeil. Sûre d’avoir à faire à une agression, Adélaïde sort alors son téléphone pour le filmer. «C’était un réflexe, je le fais souvent pour avoir une preuve de ce qu’il se passe», poursuit la jeune femme. Elle publie ensuite la vidéo sur Twitter.

https://twitter.com/AD_DeThemyscira/status/1056996819274731520

Les images montrent l’homme marcher devant Adélaïde et s’arrêter devant le plan du métro. «Il attendait juste que je passe pour se retrouver derrière moi, sauf que c’est plus difficile d’agir avec un agresseur dans son dos», explique Adélaïde, qui reste donc derrière lui.

L’homme, visiblement à l’aise, se dirige finalement vers le quai, tout en jetant des coups d’œil narquois à Adélaïde. «Le voir m’attendre, me fixer et me narguer m’a glacé le sang», raconte-t-elle.

Face à elle, l’agresseur ne bouge pas, et la regarde droit dans les yeux. Il finit par tourner les talons, sans qu’il ne se passe «rien de spécial, pas un échange de parole, mais je crois qu’il a compris que je le filmais».

Quelques mètres plus loin, l’homme interpelle une autre femme, comme on le voit sur une autre séquence tournée par Adélaïde, qu’elle n’a pas publiée. La jeune femme finit par monter dans le métro, «les jambes tremblantes».

« J’avais peur qu’on remette en cause ce qu’il s’est passé »

Descendue à Bastille, Adélaïde raconte l’agression à des contrôleurs. «Ils n’en avaient rien à faire, ils n’ont même pas regardé mon téléphone», déplore-t-elle. On lui explique qu’elle aurait dû signaler l’agresseur à Gare de Lyon, mais qu’il est maintenant trop tard.

Interrogée par RTL, la RATP explique pourtant que «tous les agents de stations et personnels de sécurité reçoivent une formation sur les violences sexistes et sexuelles». Adélaïde n’insiste pas, mais décide alors de poster la vidéo sur Twitter.

Si Adélaïde se dit régulièrement victime de harcèlement dans les transports, elle avoue avoir souvent l’impression de se faire des idées. «Au début, j’avais peur qu’on remette en cause ce qu’il s’est passé, explique-t-elle. Mais là, j’ai une vidéo, donc on sait que je n’affabule pas».

Adélaïde a décidé de porter plainte, «plus pour les autres femmes que pour moi-même», assure-t-elle. Les victimes d’agressions sexuelles dans le métro ont quarante-huit heures pour déposer plainte : c’est le délai pendant lequel la RATP conserve les images de vidéosurveillance, qui peuvent alors être réquisitionnées par la police.

Via: Madame

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