Un homme qui accumulait les impayés a été expulsé de son appartement à l’approche de la trêve hivernale. Mis en cause par Droit au logement, son bailleur social se défend et justifie sa décision.

Expulsion injuste et « sans états d’âme » ou décision de justice devenue inévitable ? À l’approche de la trêve hivernale commencée ce jeudi, le cas de Jean-Jacques Lokuli Bakwa est au cœur d’une polémique entre son bailleur social et l’association Droit au logement.

Le 10 octobre, ce quinquagénaire, hémiplégique depuis février 2009 et un accident vasculaire cérébral, a été expulsé de son appartement par le concours de la force publique.

Actuellement logé par le 115 dans un hôtel à Chelles, il louait depuis plus de deux ans un appartement à Meaux (Seine-et-Marne) à la Société anonyme immobilière d’économie mixte (SAIEM).

Le bailleur a motivé sa décision par « de très nombreuses plaintes de voisins » et par les multiples retards de loyers. Impayés que Jean-Jacques justifie par une erreur de la caisse d’allocations familiales et qu’il affirme avoir récemment remboursés, document de la SAIEM daté du 15 octobre à l’appui.

Jean-François Chalot, président du DAL en Seine-et-Marne, dénonce cette expulsion. « Nous arrivons dans la période hivernale et son état de santé exige d’éviter le froid », souligne-t-il.
Il souhaite regagner son logement et son lit médicalisé

Mise en cause, la SAIEM répond par la voix de son président Artur Jorge Bras, par ailleurs adjoint au maire de Meaux. « Dès qu’un locataire a des difficultés pour payer son loyer, nous allons au-devant de lui pour comprendre sa situation », assure-t-il.

Dans le cas de Jean-Jacques Lokuli Bakwa, les impayés auraient commencé en octobre 2016, un mois après son emménagement. « Il a été accompagné par la SAIEM, à l’aide d’une conseillère en économie sociale et familiale, poursuit l’élu. Mais il a arrêté tout le suivi. »

Après résiliation du bail en mars dernier et la décision de justice consécutive à une enquête d’une assistante sociale, l’expulsion a été ordonnée par la sous-préfecture. « Le sous-préfet a été induit en erreur », assure pourtant Jean-Jacques Lokuli Bakwa, qui a écrit à la Première Dame (l’épouse du président de la République) pour évoquer son cas.

Outre le remboursement de ses dettes, l’ancien chef d’entreprise réfute tout problème avec ses voisins. « Je vivais seul, sans faire de bruit, jure-t-il. Il y avait bien des cafards dans l’appartement, mais ce n’était pas le seul [cas dans] l’immeuble. Mon logement était propre. »

Jean-Jacques Lokuli Bakwa souhaite aujourd’hui réintégrer son appartement pour l’hiver, et, avec lui, son lit médicalisé. Car il souffre d’apnée du sommeil. « Mon lit m’évite la phlébite », dit-il.

Là encore, son bailleur se défend : « Il avait un rendez-vous avec le gardien pour pouvoir le récupérer. Il ne s’est jamais présenté. »

Ses affaires restent accessibles durant un mois après l’expulsion, rappelle Artur Jorge Bras: « Il a encore le temps de les récupérer. »

 

Source: Le Parisien – 2/11/2018

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